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Jay Chen : repenser l’université de demain

Il a volé la vedette lors du 17e Concours québécois en entrepreneuriat. Son idée pourrait bien révolutionner le marché mondial du recrutement universitaire. Son réseau, une sorte de LinkedIn visant à mettre en contact plus aisément les universités et les étudiants internationaux, se démarque déjà… avant même son lancement ! C’est notre Inspiration de la semaine.

Quel est ton parcours ?

Je suis Chinois. Je suis arrivé au Canada pour étudier l’entrepreneuriat à l’Université Bishop’s il y a trois ans. Comme étudiant étranger, j’ai éprouvé  de nombreuses difficultés au quotidien. J’ai alors vite compris que plusieurs étudiants avaient vécu la même expérience que moi. J’ai aussi pu constater que les universités n’arrivaient pas de leurs côtés à attirer les étudiants étrangers comme elles le souhaitaient… et qu’elle perdait beaucoup d’argent dans de coûteuses campagnes qui ne rapportaient pas les fruits escomptés.

Pourquoi les universités ont-elles aimé ton idée ?

Les universités doivent débourser entre 3 000$ et 5 000$ pour recruter un seul étudiant étranger ! Le jeu en vaut la chandelle, car ceux-ci rapportent plus que les étudiants québécois qui payent des droits de scolarité beaucoup plus bas. Malgré ça, il s’agit d’une dépense importante pour les universités qui aimeraient bien pouvoir mettre cet argent ailleurs, comme dans la recherche ou dans l’embauche de professeurs. Paradoxalement, ce sont surtout les universités plus petites et moins connues qui doivent mettre beaucoup d’argent dans ces efforts de recrutement. L’Université McGill ou les autres universités prestigieuses dans le monde n’ont pas besoin d’y consacrer autant d’énergie, car leur réputation attire déjà les étudiants étrangers de partout dans le monde.

Mais qu’est-ce qui t’a poussé à vouloir changer tout ça en passant à l’action?

En Chine, les aspirants étudiants qui veulent aller à l’international vont voir des agences pour connaître l’université qui correspond à leurs besoins. Saviez-vous que ces étudiants payent parfois jusqu’à 5 000$ pour ce service ? Ces mêmes agences demandent aussi de l’argent des universités pour fournir un bassin d’étudiants digne d’intérêt… Je crois que les agences asiatiques et autres ne sont pas essentielles dans ce processus. Les universités n’ont pas besoin d’elles pour surmonter les défis qui les attendent.

Veux-tu toi aussi faire de l’argent ?

Avec UAdvisor.org, je ne tiens pas à engranger des profits. Je veux seulement rendre ce processus plus performant. C’est une véritable révolution que je propose. Il n’y a que deux façons d’améliorer la productivité : inventer une nouvelle façon de faire et réduire le gaspillage. Je veux faire les deux. L’éducation a grand besoin de cet argent. Je crois qu’il faut changer le monde. Je veux le changer. J’ai souffert de cette situation. J’ai donc voulu corriger la situation puisque je suis un entrepreneur né.

Ton application est-elle disponible ?

Non, pas encore. Mon partenaire conçoit en ce moment le site web du type LinkedIn. Celui-ci doit recueillir beaucoup d’informations. Ce n’est qu’ensuite que nous prévoyons nous lancer dans la conception des applications… Pour ma part, je suis en discussion avec les universités afin qu’elles adhèrent au projet. Je veux créer des partenariats avec elles. Je les invite à s’inscrire gratuitement à notre plateforme. Les universités ont beaucoup à gagner en s’y inscrivant. Par exemple, elles peuvent dire : « Je veux avoir un étudiant qui sait jouer au basketball et qui a un GPA de 3,8 ». Nous conservons cette demande dans un bassin. De leurs côtés, les étudiants peuvent remplir leur profil en ligne et demander par exemple d’étudier au Canada dans une petite école anglophone dans un programme en entrepreneuriat. Notre outil va vraiment aidera également ceux qui ne parlent pas anglais au quotidien dans leurs démarches.