Francis Gendron : l’idée du siècle

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Rêvez-vous de consommer des poissons, des fruits ou encore des légumes produits dans votre propre cour ? Si oui, Francis Gendron, premier diplômé de la Earthship Academy, peut vous aider à bâtir votre propre système d’aquaponie pour y arriver. Comme il peut vous inspirer à rendre votre habitation durable et sexy. Depuis quelques années, le charismatique vulgarisateur partage ses connaissances des technologies écologiques de demain grâce à Solution ERA et au projet de la Serre du futur. C’est notre Inspiration de la semaine.

Quel est ton parcours ?

rJe suis né à Coaticook. J’ai passé ma jeunesse entre Coaticook et Sherbrooke. Mon père était berger. J’ai étudié en tourisme d’aventure en Gaspésie pour devenir guide plein-air. J’ai exercé ce métier pendant près de six ans. Je faisais des expéditions en autonomie complète dans plusieurs provinces canadiennes. J’adorais ce type de voyage, car je pouvais être 30 jours avec les mêmes personnes et ainsi avoir l’impression d’avoir un impact réel dans leur vie. À l’âge de 25 ans, je désirais en apprendre davantage sur l’écoconstruction ou encore la permaculture. Après avoir travaillé quelques mois à Katimavik, je suis allé étudier à la Earthship Academy au Nouveau-Mexique, le seul endroit où je pouvais en apprendre les concepts des maisons écologiques dans un cours condensé d’une durée de six mois. Non seulement c’était l’occasion pour moi de rencontrer des personnes qui partageaient mes intérêts, mais je tenais également à suivre une formation théorique et pratique à la fois. Je me suis lancé dans l’aventure ! Je suis allé apprendre là-bas dans la plus grande communauté en autonomie énergétique au monde appelé le Greater World. J’ai été leur premier diplômé. Surtout, le premier en français. J’ai alors décidé de partager mes connaissances sure

As-tu été surpris du succès immédiat remporté par tes vidéos ?

Oui ! Les vidéos sont vite devenues très populaires. J’ai commencé à donner de plus en plus conférences. J’offrais des formations. Je me suis dit qu’il fallait que je lance des entreprises avec ces projets-là. J’ai fondé Solution Era.  J’ai fait la connaissance d’un producteur et d’un ingénieur avec lesquels je me suis associé pour démarrer le projet de la Serre du futur visant à développer des serres personnelles qui peuvent subvenir aux besoins d’une famille ou encore d’une petite communauté. Ces serres visent l’autonomisation et elles seront utilisables quatre saisons. Ce projet est en branle. Nous expérimentons encore pour pouvoir l’offrir prochainement. L’objectif est de mettre au point une serre résiliente qui produit des fruits et des légumes à l’année.

Comment as-tu réussi à financer ce projet ?

Au départ, il y a deux ans, je n’avais pas d’argent pour le lancer… Nous avons donc décidé de fait appel à un site de sociofinancement pour amasser de l’argent. J’ai aussi lancé un appel sur les réseaux sociaux. J’ai dit : « Si vous avez un terrain et de l’argent pour payer les matériaux, je peux vous la construire gratuitement à condition que vous me laissiez filmer le déroulement de l’aventure et que vous me laissiez les droits pour faire un DVD ! ». Deux personnes ont répondu « Oui » à l’appel et une troisième m’a dit qu’il avait le terrain sans l’argent, mais qu’il était prêt à aller le chercher grâce au sociofinancement, ce que nous avons fait (nous avons eu 28 000$) !   Nous avons donc construit trois maisons la première année. Nous avons filmé tout ça. Nous avons produit l’année suivante un livre électronique de plus de deux cents pages (qui comprend tous les plans détaillés en mesures métriques comme en pieds) et un DVD (d’une durée d’une heure dix de qualité professionnelle). Nous les vendons en ce moment pour financer la compagnie. Des milliers de DVD ont déjà trouvé preneurs. Notre chiffre d’affaires dépasse les 100 000 dollars. Nous développons aussi une formation portant sur les serres adjacentes et aussi sur la culture en terre froide durant l’hiver.

Sens-tu que les gens sont prêts à se lancer dans ce type d’aventure ?

Oui, la population s’y intéresse. Mais c’est à nous de les convaincre de passer à l’action ! Nous aimons dire que nos projets de maisons écologiques sont « durables et sexy ». C’est vrai que nous devons expliquer et vendre cette idée aux gens qui sont habitués d’entendre le mot « écologique » à toutes les sauces… Plus de 7 000 personnes ont vu mes conférences alors je sens qu’il y a quelque chose qui se passe. L’objectif de Solution ERA compagnie est justement de transformer cet intérêt en actions concrètes. Nous voulons que les gens mettent la main à la pâte. Les convaincre, c’est aussi notre principal défi. Certaines techniques sont plus éprouvées que d’autres.  Les systèmes d’aquaponie qui permettent d’élever ses propres poissons, ses fruits et ses légumes chez soi piquent de plus en plus la curiosité des gens. La permaculture est aussi en progression constante. Les gens nous consultent avec leurs plans de maison pour que nous leur donnions nos conseils. Je donne souvent l’exemple du bien-manger. À une certaine époque pas si lointaine, il était très difficile de manger bio sur le pouce. Soit on mangeait de la restauration rapide, soit on allait au marché d’aliments naturels… il n’y avait pas de juste milieu ! Or, aujourd’hui il y a Crudescence, etc. Dans ce même esprit, les entreprises doivent s’adapter rapidement et proposer des solutions faciles, rapides, simples pour que les gens ne ressentent pas le besoin de changer leur vie au grand complet…